Et soudain, la liberté #RL17

etsoudain

Difficile de trouver les mots pour parler de ce roman, tant ses facettes sont nombreuses. Écrit à deux voix, quatre mains, Et soudain la liberté se construit comme une conversation entre une femme de lettres et son éditrice. Caroline Laurent reprend la plume pour finir ce roman après le décès d’Evelyne Pisier.

Jouant et mélangeant réalité et fiction, ce roman dévoile l’histoire de Mona et de sa fille Lucie, timides sous l’autoritaire figure paternelle – avant d’enfin s’en émanciper, vivant dans les territoires d’Outre-Mer, à l’époque d’une France encore sonnée par la guerre, mais déjà en lutte armée intense pour préserver son territoire colonial.

Cette fresque impressionnante de deux genres, de deux générations qui se toisent, se rebellent, se déchirent est avant tout le portrait d’une femme attachante, avant-garde, féministe, contestataire, passionnée et passionnante : Mona, la mère de Lucie ; Paula, la mère d’Evelyne. C’est aussi le récit de la vie incroyable de Lucie, d’Evelyne Pisier. La ligne entre réel et fiction est trouble, et cela renforce d’autant plus la force, l’écho de ces deux vies. C’est un roman poignant qui revêt la pudeur des drames.

J’avoue qu’au début de ma lecture, j’étais un peu déroutée.  Je ne connaissais rien du livre, du contenu, je ne connaissais pas Evelyne Pisier, j’étais trop jeune pour me rappeler la tragédie de la mort de sa sœur, je ne connaissais pas sa relation amicale avec Caroline Laurent, je ne comprenais pas la légitimité de son éditrice à prendre la plume. Cette réserve m’a empêché de vivre pleinement le début du récit, car je me posais trop de questions. Questions qui auraient été rendues inutiles par une préface, ou quelques mots précisant que ce livre, écrit à quatre mains, était précisément le souhait d’Evelyne Pisier, la seule façon qu’elle avait envisagé ce roman. Cela m’a manqué.

Cela n’enlève rien à cette lecture que j’ai beaucoup appréciée, à ces deux destins flamboyants, empreints de mystère. Une belle déclaration d’amour aux femmes, à leur lutte, et à Simone de Beauvoir. Merci.

 


2 réflexions sur “Et soudain, la liberté #RL17

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