La Symphonie du hasard

kennedy

Sans Babelio et ce formidable concours pour remporter le dernier Douglas Kennedy (je suis trop contente, merci Babelio, c’est la première fois que je gagne !!), je n’aurai sans doute pas lu ce livre. Parce que Douglas Kennedy et moi, c’est une longue histoire. Une histoire qui débuta par un immense coup de cœur pour La Poursuite du bonheur. Néanmoins mon attachement déclina au fur et à mesure de mes lectures (la maturité sans doute, le goût peut-être) jusqu’au point de non-retour avec La Femme du Ve, qui marqua la fin de nos relations. On ne m’y reprendra plus…
Et voilà que La Symphonie du hasard sort. Malgré son titre tout pourri mal choisi (non mais sérieux ? La Symphonie du hasard ? Alors que le titre anglais est The Great Wide Open, inspiré d’une chanson de Tom Petty and the heartbreakers, ), sa quatrième de couverture est alléchante, elle me rappelle un peu La Poursuite du bonheur, accompagnée de slogans accrocheurs et du concours de Babelio. Bref, vous connaissez l’histoire maintenant, je tentais le coup et je gagnais (youpi !).

Alors, comment est-il ce dernier opus ?
D’abord je vous précise qu’il s’agit du premier tome d’une trilogie, donc je ne connais qu’un tiers de l’intrigue.
Douglas Kennedy explore les méandres complexes d’une famille (dysfonctionnelle bien sûr), « royaumes d’intrigues et de guerres intestines », à travers les yeux d’Alice, jeune lycéenne puis étudiante dans l’Amérique des années 70 (Nixon, Vietnam, Watergate, Pinochet au Chili, les hippies, peace and love…).
Le portrait de l’Amérique en arrière-plan est très réussi, émaillé d’anecdotes, de détails historiques oubliés, accompagné d’une bande sonore à rendre nostalgique.

Alice n’est pas un personnage très sympathique, ni attachant, elle est même carrément insupportable :  puritaine, hautaine, moralisatrice et percluse de hauts principes que tout le monde doit suivre. Ah on me dit dans l’oreillette que ça s’appelle l’adolescence. Ses incohérences et ses contradictions sont le propre de cette période ingrate où l’on se cherche. J’ai eu du mal à me sentir proche d’Alice, du fait de ma looongue pratique de l’ère adulte (même si j’aime bien cultiver mon côté rebelle adolescent de temps à autre). Les autres personnages sont bien campés quoique assez stéréotypés, ils restent assez nébuleux, sans doute à cause du côté un peu « fake » des Américains, pour qui le naturel ne revient jamais au galop, et qui empêche de toucher du doigt ce qu’ils sont vraiment.

Autant le sujet de la famille dysfonctionnelle, des secrets, des non-dits et de la construction de soi dans un tel environnement est très intéressant, autant je trouve son exécution faussée par le côté américain superficiel trop marqué des personnages  qui m’a empêché de sentir des affinités avec Alice ou les membres de sa famille.

Par ailleurs, l’écriture n’est pas exceptionnelle (traduction oblige), les dialogues sonnent faux et l’intrigue au demeurant sympathique ne brille pas par son singularité ni par ses rebondissements inattendus. Il y a quelques effets de surprise avec la bonne méthode du cliffhanger en fin de chapitre (mais comment diable son frère a-t-il atterri en prison ? ).

Seule la narratrice (Alice), qui est tout sauf un personnage gentillet et lisse, m’a surprise par sa mauvaise foi, le beau rôle qu’elle se donne et son manque d’empathie ha-llu-ci-nant. Ce personnage si atypique, tellement il m’énerve, cette « rebel without a clue » – (c’est pas moi qui le dis mais les paroles de le chanson Into the great wide open, qui donne le titre au livre. Incroyable, le titre voulu par Douglas Kennedy a une réelle signification ! Incroyable, le titre français ne veut rien dire !) me ferait presque lire la suite, pour la voir partir étudier en Irlande (l’Europe amènera peut-être plus de naturel, plus de franchise dans sa vie ?) et la voir mordre un peu la poussière, faire tomber un à un ses grands idéaux incompatibles avec la maturité (pas tous, heureusement, mais on n’est pas dans le monde de Oui-Oui non plus), mettre un peu d’eau dans son vin, apprendre l’art du compromis, devenir adulte quoi !

La suite au prochain épisode (cliffhanger de fou)…

Vous avez lu La Symphonie du hasard ? Vous avez aimé ?


2 réflexions sur “La Symphonie du hasard

  1. haha ne sois pas dure avec toi même, l’adolescence n’est pas si loin de nous, c’était y a que.. euh oui bon en fait on va pas calculer 😉
    pareil que toi pour Douglas Kennedy j’ai adoré puis été très déçue et je suis pas méga convaincue là, je vais attendre que tu lises les 3 ! :p

    1. Tu as raison, l’important c’est l’âge qu’on a dans sa tête, pas le nombre de rides 😉
      Je te dirai pour la suite, mais tu vas devoir prendre ton mal en patience (oui je sais ça va être difficile), la suite n’est pas encore sortie !

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