L’Art de perdre #RL17

Incontournable roman de la rentrée, L’Art de perdre a remporté le prix littéraire du Monde, celui des Libraires de Nancy et du Point et le prix Landerneau. Il est dans la sélection du Goncourt. Bref, incontournable.

artperdre

Note : ♥♥♥♡♡ Char ment

Alice Zeniter signe un livre fort sur la famille, la quête d’identité, sur l’exil et la perte de son pays.

Nous suivons trois générations : d’abord, Ali le patriarche, l’ancien combattant de 39-45, qui est obligé de fuir l’Algérie quand vient l’indépendance, un harki.
Puis, c’est au tour de Hamid, l’aîné d’Ali, de nous embarquer en France, dans la campagne normande, entre les barres HLM construites à la va-vite, c’est la rupture avec la génération précédente, le racisme, la place à prendre. Enfin, Naïma, la fille d’Hamid, jeune française indépendante, ignorante de son passé algérien, inquiète par la tension post-attentats, par la défiance vis-à-vis des musulmans, des arabes, et à qui on renvoie en pleine face ses origines maghrébines, alors qu’elle-même ne les connait pas. Dans sa quête de ses origines, de son héritage, elle va dénouer l’histoire de sa famille et partir en Algérie.

« Elle perdrait l’absence de l’Algérie peut-être, une absence autour de laquelle s’est construite sa famille depuis 1962. Il faudrait remplacer un pays perdu par un pays réel. C’est un bouleversement qui lui paraît énorme. »

Alors, ce roman est très, TRÈS intéressant. Une période noire, tabou de l’histoire française, entre lâcheté et indépendance, les harkis, les camps de réfugiés… Je ne savais rien de tout cela, sauf le peu que j’en ai appris dans les livres d’histoire (comme vous, j’imagine) et les vaincus souvent redorent leur blason.
La force d’Alice Zeniter réside dans la première partie, où elle met le lecteur à la place d’Ali, plein de doutes, d’hésitation. La position des harkis est très bien expliquée et éclaire ces pauvres hommes, déclarés traitres à leur patrie, alors qu’entre la peste et le choléra, ils ont choisi ce qu’ils pensaient être le moins pire.

Voilà ce qui m’a plu dans le livre. Ensuite, j’ai eu du mal. Il y a des longueurs, beaucoup de longueurs. Parfois je lisais en diagonale sans avoir (malheureusement) le sentiment de rater quelque chose. La partie d’Hamid est morne, ennuyeuse, elle manque de rythme. Elle m’a perdue. Après, cela a été très difficile de revenir et de s’intéresser à Naïma et de la suivre dans sa quête d’identité.
Sans oublier l’écriture et le style qui n’aident pas. Cela n’a pas été une lecture aisée. Les phrases sont alambiquées, avec plein de fioritures, avec des sujets à la fin de la phrase après d’innombrables virgules. À se donner du style, à vouloir faire compliqué (voire intellectuel), on perd le fil, le lecteur et la force des émotions.

Une déception donc. Même si cela reste un témoignage fort.

Vous l’avez lu ? Vous avez aimé ? J’ai l’impression d’être à contre-courant avec ce livre, qui est encensé partout.


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