Le Dimanche des mères

Avec sa promesse d’une parenthèse Downton Abbey-esque, avec son charme si british, ce livre Le Dimanche des mères de Graham Swift me faisait de l’œil depuis un moment.

Dimanche 30 mars 1924. Une fois par an, les domestiques prennent congés pour rendre visite à leurs mères, laissant leurs maîtres désœuvrés. Jane Fairchild, 22 ans, domestique, est orpheline et elle préfère passer sa journée de congés auprès de son amant depuis sept ans, le fils du lord voisin : Paul Sheringham, dont le mariage avec une riche héritière est prévu dans deux semaines.
Ces retrouvailles seront donc sûrement les dernières, et le temps s’étend, infiniment sur ces quelques heures. C’est beau. La minutie de l’instant, le décorticage de chaque geste, l’importance de chaque seconde drape de solennité ce moment.
Les pensées de Jane, ses interrogations, ses suppositions, sa retenue due à son statut de bonne, emplissent le livre et y impriment une langueur suave. C’est une véritable parenthèse volée. La plume de l’auteur rend bien cette indolence amoureuse. Le style est très rythmé, marqué par ces répétitions, qui sonnent comme une rengaine dans la tête de Jane. Et ce côté british suranné est délicieux.

Des indices sur la suite des évènements, sur le drame qui se joue, sur l’avenir des protagonistes sont déposés çà et là, chargeant d’émotions ces instants volés, scellant les destins en cette journée fatidique.

Ensuite, laissant son lecteur au summum du suspense, l’auteur fait une aparté sur Jane, sa vie, son œuvre. Mettant de côté ce crucial dimanche des mères et le sort de Paul Sheringham. Les pauvres retombent comme un soufflé. À l’image du livre.
Autant la première partie est aérienne, limpide, aussi douce et légère qu’un nuage, autant la suite est aussi pénible que la pluie, aussi plombante que l’ennui.

Quelle déception ! J’ai l’impression de m’être fait bernée. Comme une mauvaise bande-annonce qui ne reflète en rien le film. Je suis restée sur ma faim.

Et vous, vous avez aimé ? Vous n’avez pas été déçu par la deuxième partie complètement hors sujet ? (J’ai l’impression d’avoir lu deux nouvelles distinctes, qu’on aurait rapprochées par un mauvais tour de passe-passe, pour faire un livre. 141 pages, c’est court quand même !) Partagez votre avis, je suis toute ouïe !

À la semaine prochaine pour une nouvelle chronique !


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