Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

HARPERGO
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Livre incontournable de la littérature américaine, prix Pulitzer en 1961, traduit dans le monde entier et imprimé à plus de 40 millions d’exemplaires, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur a longtemps été le seul chef d’œuvre de Harper Lee, avant que ne paraisse la suite cinquante-cinq ans plus tard. Elle y raconte l’enfance – aux accents autobiographiques – de Jean Louise, que tout le monde appelle « Scout », dans l’Alabama sudiste et ségrégationniste des années 1930. Son père, Atticus Finch, est avocat et commis d’office à la défense d’un noir, Tom Robinson, accusé de viol sur une femme blanche.

Je mesure l’importance phénoménale de ce livre. Néanmoins, je n’ai pas eu le coup de cœur. Et j’en suis bien triste. Malgré cette déception, j’ai trouvé ce roman puissant, par l’écriture vivante et colorée et qui nous plonge dans l’Amérique de la Dépression et de la prohibition ; par la narration particulière, celle du point de vue de l’enfant sur des situations d’adultes, qui éclaire une panoplie d’émotions, faites de retenue et de non-dits, qui magnifie le sort inéluctable d’être noir en 1930. On partage l’espoir naïf de Scout, sans pouvoir s’empêcher de le tuer en étant lucide.
Surtout, c’est une réflexion universelle sur la liberté :  celle face à l’oppression et celle d’agir selon sa conscience, même face à la majorité dominante qui pense différemment.

« – Ils ont tout à fait le droit de le penser et leurs opinions méritent le plus grand respect, dit Atticus, mais avant de vivre en paix avec les autres, je dois vivre en paix avec moi-même. La seule chose qui ne doive pas céder à la loi de la majorité est la conscience de l’individu. »

Alors oui, si on se replace dans le contexte des années 1960, ce livre est à part. Unique. Majestueux.
Mais, moi qui suis née avec les années 1980, j’ai vu, lu et entendu beaucoup d’histoires, romancées ou non, sur la ségrégation et le racisme, notamment dans les villes du Sud.
Ma non-virginité a influé sur ma lecture, et j’ai été désappointée. Surtout au regard du piédestal en haut duquel on place le livre. C’est un livre fantastique, bien sûr, mais malheureusement pas aussi « mind-blowing » que j’aurai aimé, souhaité, attendu. Tant pis.

 

 


3 réflexions sur “Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

  1. C’est toujours le problème avec les livres adulés on a toujours un petit gout de lassitude, on attendait mieux. Mais j’ai été touchée tout au long de ma lecture par cet avocat qui élève seul ses enfants, et révoltée par l’affaire qu’il doit gérer.

    1. Oui, tout est implicite et cela rend la tension liée au procès et la solitude d’Atticus d’autant plus fortes.

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