Gabriële #RL17

Difficile de faire une sélection parmi la profusion des nouveaux titres de la rentrée littéraire, surtout que beaucoup me font envie ! J’ai préparé ma wishlist, qui atteint sobrement 31 livres, mais cela peut évoluer (merci La Grande Librairie et Instagram).

Bref, tout ça pour vous dire, qu’aujourd’hui, j’inaugure mes chroniques de la rentrée littéraire 2017 avec un livre magnifique : Gabriële de Anne et Claire Berest.
(Note : ♥♥♥♥♡ Beaucoup Aymé)

Longtemps ignorantes de leur ascendance, Anne et Claire signent un roman fascinant, écrit à quatre mains, sur leur arrière-grand-mère : Gabriële Buffet-Picabia, musicienne avant-gardiste, esprit libre, épouse de Francis Picabia (peintre cubiste, dada et surréaliste), muse de Marcel Duchamp et amie d’Apollinaire. Rien que ça.

buffet
Francis Picabia, Gabriële Buffet, Guillaume Apollinaire, en 1914

Cette biographie partielle (on s’arrête à la naissance de leur grand-père) met enfin cette femme hors cadre, hors champ, d’une autre époque, au destin passionnant sur le devant de la scène, elle qui a toujours cherché à rester dans l’ombre. Pleine de contradictions, elle vit sa vie, au-dessus des soucis matériels, en dehors de la maternité, perchée là-haut où sont les idées, le flux créatif, uniquement portée par son amour fou pour Francis Picabia et par sa soif de création. Cette époque de bouillonnement artistique est tout simplement enivrante, et Gabriële y contribue beaucoup.

« Gabriële Buffet prend plaisir au danger… Elle est toujours riche d’esprit, son esprit est une source au bord de la route. Elle fera ce qu’elle a toujours fait : entraîner dans sa profondeur ceux qui ne peuvent vivre qu’en surface. » Francis Picabia

Malgré quelques longueurs – qui sont inévitables quand on déroule la vie de quelqu’un, la puissance de ce livre réside dans le lien entre les auteurs et leur sujet. On y sent une grande admiration, mais une distance aussi, imposée par leur héritage familial.
Comme elles l’écrivent si bien, « Comment écrire sans trahir notre mère ? Il est douloureux pour elle que nous choisissions d’écrire sur eux, sur ces gens-là, sur ce sujet. Peut-être que l’une sans l’autre, nous ne l’aurions pas fait. Peut-être fallait-il être deux pour assumer cette trahison-là ». C’est ce regard, cette retenue imposée, qui donne tant de profondeur et de force à ce livre. Qui désacralise le mythe de la muse, et rend Gabriële plus humaine, plus complexe.

Première lecture de la rentrée littéraire 2017, et déjà un coup de cœur ! Vous l’avez lu ? Vous avez aimé ?


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