Middlemarch

george

Comme son nom ne l’indique pas, George Eliot est une femme. Une écrivaine remarquable de l’ère victorienne. La dernière de la grande lignée Austen / Brontë / Gaskell avant le monopole masculin sur la littérature anglaise du siècle dernier.

C’est une femme passionnante, qui a vécu hors de son temps. Durant les années victoriennes aux conventions sociales très rigides, elle a choisi de vivre, par amour, en concubinage avec un homme marié, séparé de son épouse (pas de divorce à l’époque, vous imaginez bien !). Une grande femme qui force le respect. Dans son œuvre, se ressent cette pensée féministe d’avant-garde.

Voilà pour la personnalité (fascinante) derrière le roman.

middlemarch

Middlemarch est une fresque sociale, qui tient presque de l’analyse, captivante d’un petit village fictif en Angleterre. Dense, complexe et riche, le roman est révélateur de la vie dans une petite bourgade, avec ses aristocrates, ses membres du clergé, l’auberge, les jeux, les ragôts qui se propage plus vite que la peste.
L’auteur surprend souvent son lecteur, car elle compte sur ses a priori, ses préjugés pour l’étonner avec ses personnages et leur conduite. La psychologie des protagonistes est très poussée. George Eliot possède un talent aiguisé pour les créer plus vrais que natures, emplis de contradictions et tourments, de questionnements, pollués par le quotidien de la vie. Imparfaits. Comme nous tous. Sauf peut-être Dorothée, jeune femme fascinante, qui en d’ailleurs presque caricaturale, au début de la lecture. Mais au fil des pages, elle devient notre héroïne, bien malgré elle, en s’érigeant en modèle à suivre ou dont s’inspirer.

Néanmoins, je dois avouer que c’est long. Certains passages ou digressions sont superflus.  J’ai trouvé les personnages secondaires ennuyants (notons ici, que la sortie du livre s’était faite sous forme de feuilletons. Il fallait donc « meubler » et faire monter le suspense pour accrocher les lecteurs sur une longue période). J’avais hâte de retrouver Dorothée et Lydgate, deux personnages fascinants, au détriment des autres intrigues moins intéressantes à mes yeux. Puis, j’ai lu une édition de 1951, dont sa traduction vieillote et surannée n’a pas facilité les choses.

Ce qui me frappe le plus dans ma lecture de Middlemarch, c’est la vision juste de la place de la femme dans la société : « On demande peu d’idées au femmes ; pour la grande sauvegarde de la société et de la vie domestique, les idées ne doivent pas se transformer en acte. »
Les deux figures féminines fortes du livre : Dorothée et Rosamunde, sont gardées sous autorité des hommes. C’est une critique féroce du rôle dans lequel la société contraint les femmes, qui disparaissent dans l’ombre des hommes. Aussi intelligentes et cultivée soient-elles. Terriblement frustrant. Comme un écho à la vie de George Eliot.

 « Dorothée, mon amour, ce n’est pas la première fois, mais cela doit être la dernière, que vous formulez un jugement sur des sujets au-dessus de votre portée. » Ah tiens, un misogyne ! Non, c’est normal pour l’époque, me dit-on dans l’oreillette.

 

 

 

 


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