A l’orée du verger

Dès sa sortie, je cours toujours acheter le dernier livre de Tracy Chevalier… Depuis « la Jeune Fille à la Perle », je n’ai jamais été déçue. Chacun de ses livres est une promesse d’un bon moment de lecture et d’un voyage comparable à nul autre.

En 1838, la famille Goodenough s’installe sur les terres marécageuses du Black Swamp, dans l’Ohio. Chaque hiver, la fièvre vient orner d’une nouvelle croix le bout de verger qui fait péniblement vivre ces cultivateurs de pommes. Tandis que James, le père, tente d’obtenir de ces terres hostiles des fruits à la saveur parfaite, la mère, Salie, en attend plutôt de l’eau-de-vie et parle à ses enfants disparus quand elle ne tape pas sur ceux qui restent. Quinze ans et un drame plus tard, leur fils Robert part tenter sa chance dans l’Ouest. Il sera garçon de ferme, mineur, orpailleur, puis renouera avec la passion des arbres en prélevant des pousses de séquoias géants pour un exportateur anglais fantasque qui les expédie dans le Vieux Monde. De son côté, sa soeur Marcha n’a eu qu’un rêve : traverser l’Amérique à la recherche de son frère. Elle a un lourd secret à lui faire partager…

Comme à chaque fois, Tracy Chevalier donne vie à un univers particulier, ici : celui de l’Amérique des colons, où la nature n’a pas encore été façonnée pas l’homme, où il faut chaque jour travailler la terre en espérant une bonne récolte, et se tailler une place dans le Grand Ouest pour survivre. Le Black Swamp (qui porte vraiment bien son nom) c’est des hivers de 4 mois, coincés à 7 dans une maison, sans pouvoir sortir. A devenir fou !

Tout le talent de Tracy Chevalier réside dans son aisance avec les mots et son rôle de conteuse. On découvre la botanique et la culture des pommiers, les saloons et la ruée vers l’or… Tout un pan de l’histoire américaine prend vie au fil des mots, grâce au ton juste et aux esquisses colorées de l’auteur.

L’autre force de ce livre est l’utilisation de différents narrateurs, donnant une vision panoramique des états d’esprit de chacun des personnages. Le lecteur est prisonnier et ne peut qu’attendre l’inéluctable dénouement. Complexe et fouillé, chacun des personnages sonne juste. Tous imparfaits. Tous authentiques.

J’avoue avoir été frustrée par certains aspects de l’intrigue car je voulais un vrai « happy end ». Mais justement, l’auteur déjoue les pièges d’une intrigue trop convenue et trop niaise. Ce qui, au final, est bien mieux.

Je recommande chaleureusement 🙂 

« James mordit dedans, et bien qu’il ne sourît pas – les sourires étaient rares dans le Black Swamp -, il ferma les yeux un instant pour mieux la savourer. Les reinettes dorées combinaient des arômes de noix et de miel, avec une acidité finale qui, paraît-il, ressemblait à l’ananas. »

pommiers

NB : Sur le même thème (les colons), je vous conseille la Saga des Emigrants – à découvrir ici.

 


2 réflexions sur “A l’orée du verger

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