Tess d’Urberville, un chef d’oeuvre victorien

Tess d’Urberville est mon coup de coeur de ce début d’année. C’est une rencontre magnifique qui m’a touchée.

« Jeune paysanne innocente placée dans une famille, Tess est séduite puis abandonnée par Alec d’Urbervile, un de ses jeunes maîtres. L’enfant qu’elle met au monde meurt en naissant. Dans la puritaine société anglaise de la fin du 19e siècle, c’est là une faute irrémissible, que la jeune fille aura le tort de ne pas vouloir dissimuler. Dès lors, son destin est une descente aux enfers de la honte et de la déchéance » .

D’abord un mot sur l’oeuvre : ce roman est paru en feuilletons à la fin du 19e siècle, comme c’était la mode à l’époque. Pour ne pas choquer ses lecteurs, Thomas Hardy a été contraint de réécrire une partie de son oeuvre et de supprimer des chapitres entiers (exemple : le « viol » de Tess a été changé en faux mariage, et dans la version feuilleton elle n’a pas eu d’enfant).
C’est pour dire à quel point cette version finale et intégrale a du choquer la société puritaine anglaise, surtout le milieu rural qui s’ouvre juste à la révolution industrielle.

Ce livre est sublime. Le talent de prose de Thomas Hardy est génial. Poétiques et mélodieuse, ses phrases captent l’essence de la nature, le monde paysan et sait retranscrire magnifiquement les émotions de personnages. Tess est attachante, énervante par sa naïveté, innocente, ignorante de sa beauté et de son pouvoir sur les hommes. Simple paysanne qui ne cherche qu’à travailler.
Ce roman est magistral.

Il y fourmille des multitudes de références païennes, chrétiennes (peut être même trop). Tess vit avec le poids de son péché qui la hante. « TA, DAMNATION, NE, SOMMEILLE, PAS. Ces mots énormes, en vermillon, éclataient sur le paysage paisible, sur les teintes pâles des taillis en train de se flétrir, sur l’air bleu de l’horizon et sur les planches couvertes de lichen. Ils semblaient se crier à eux-mêmes à pleine voix et faire retentir l’atmosphère. (…) Les paroles accusatrices pénétraient d’horreur la malheureuse Tess. C’était comme si l’homme eût connu sa récente histoire; pourtant il lui était étranger » . La présence de la religion tout au long du livre m’a dérangée. Tess tente de s’en sortir, de se libérer de cette faute commise alors qu’elle était jeune. Sans succès. Elle n’est jamais en paix. Combien de temps devra-t-elle faire pénitence pour être pardonnée ?

Elle ne peut lutter contre le séducteur Alec d’Urberville, ni plus tard contre son amour pour Angel. Celui-ci, empêtré dans sa morale et son intransigeance, incapable de voir au-delà de la faute, conduira Tess à sa perte. « Alors elle pleura sur l’homme aimé, dont le jugement soumis aux conventions sociales lui avait causé tous ces derniers chagrin, et elle alla son chemin sans savoir que le plus grand malheur de sa vie était son manque de courage si féminin au moment critique et décisif«  .

Tess vient du grec et signifie « qui récolte ».
La paysanne qui survit grâce à la nature.
La pécheresse qui récolte ce qu’elle a semé.

« Le bruit de leurs baisers de tout à l’heure sembla se perdre, tumultueux, dans les recoins de leur cerveau et s’y répercuter comme les échos d’un temps d’aveugle folie«  .

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3 réflexions sur “Tess d’Urberville, un chef d’oeuvre victorien

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