La première loi

♥♥♥ – 3/5

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Jadis synonyme de liberté et de progrès, l’Union n’est plus que l’ombre d’elle-même, minée par la corruption, les complots de toute sorte et l’incompétence notoire de ses dirigeants. Ces derniers n’ont aucune conscience des dangers qui les guettent : au nord, les clans barbares se rassemblent sous une bannière unique; du sud, où les forces du Gorkhul étaient jusque-là tenues en respect par l’armée régulière, proviennent de bien curieuses rumeurs. Bayaz, le Premier des Mages, sort de sa retraite millénaire pour sauver ce qui peut encore l’être. Son plan inclut un barbare philosophe, un jeune officier écervelé, un navigateur volubile, une intrépide chasseresse, un apprenti dépressif et surtout une grosse, grosse colère…

La Première Loi nous amène dans des contrées lointaines, où la magie disparaît peu à peu. Bayaz, le Premier Mage, décide de sauver l’Union et réunit dans cette mission des personnages aux antipodes les uns des autres.

L’écriture de Joe Abercrombie est très agréable. Sa fluidité et sa précision dessinent des scènes de batailles très imagées. Le rythme est très soutenu, l’auteur ne cède pas au « suspense facile » (faire languir le lecteur pendant quatre chapitres sur une issue inéluctable – Robin Hobb aime beaucoup faire ça).

Les personnages sont très intéressants. Sous la plume amusée et moqueuse de l’auteur, ils ne sont jamais ce qu’ils paraissent. Très fouillés, attachants au fil des pages, ils restent néanmoins assez caricaturaux, sans aucun espoir de rédemption. L’auteur joue d’eux et de nous, qui espérons qu’ils se grandissent et deviennent le meilleur d’eux-mêmes. Mais non, chacun reste dans ses travers et sa médiocrité. Petite déception.

Cette trilogie ressemble à un patchwork des plus grandes oeuvres de fantasy : Tolkien avec sa quête d’une poignée d’élus disparates, Robin Hobb avec ces cités d’Anciens abandonnées d’où la magie frémit encore, George R. Martin pour ses tourmenteurs et ses guerriers du Nord etc. Bref c’est une grande tambouille où l’auteur a pioché ce qui lui plaisait par-ci, par-là… Le résultat est une fresque en demi-teinte, intéressante certes mais sans rien de nouveau…

La fin est également décevante… Après 1200 pages d’attente, la trop courte bataille finale laisse un arrière-goût amer. Aucune morale. Chacun regagne ses pénates et fait comme-ci de rien n’était. Seul le dernier chapitre soulève des interrogations… Est-ce un éternel recommencement ? Le début est-il en fait la fin ? Et vice versa ?

Mais ce rebondissement des dernières lignes ne peut faire oublier cette lecture fade et convenue.


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