Celui qui m’a fait pleurer…

kaboul1Dans les années 70 à Kaboul, le petit Amir, fils d’un riche commerçant pachtoun, partage son enfance avec son serviteur Hassan, jeune chiite condamné pour ses origines à exécuter les tâches les plus viles. Liés par une indéfectible passion pour les cerfs-volants, les garçons grandissent heureux dans une cité ouverte et accueillante. Ni la différence de leur condition ni les railleries des camarades n’entament leur amitié. Jusqu’au jour où Amir commet la pire des lâchetés… Eté 2001. Réfugié depuis plusieurs années aux Etats-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan.  » Il existe un moyen de te racheter », lui annonce la voix au bout du fil. Mais ce moyen passe par une plongée au cœur de l’Afghanistan des talibans… et de son propre passé.

Rares sont les livres qui me font pleurer…
Autant, je suis une véritable madeleine pour les films (sanglots peinement étouffés pour Braveheart, cris de désespoir dans Danse avec les loups), même les reportages télévisuels m’arrachent ma petite larme (c’est qu’ils sont forts ces journalistes pour le mélodrame)
Mais, à contrario, les livres me font rarement pleurer… D’ailleurs, la dernière larme versée était pour « Autant en emporte le vent » de Margaret Mitchell, quand Mélanie meurt… et j’avais 16 ans…
Depuis, beaucoup de livres ont défilé, jusqu’aux « Cerf-volants de Kaboul ».
Et là, le nouveau record est battu ! J’ai pleuré, et pas qu’une fois s’il vous plait !

J’ai été immédiatement happée par l’histoire d’Amir et Hassan, cette amitié fraternelle détruite par la lachêté de l’un. On déteste Amir dès le début, ce petit garçon cruel, méchant, lâche, mais avant tout malheureux, quêtant un geste tendre de son père… Et au fur et à mesure du livre, on apprend à l’estimer pour finalement éprouver de la sympathie pour lui.
Hassan est le contraire d’Amir : gentil, le coeur sur la main, naïf et courageux. Il vénère Amir, qui le lui rend bien mal. La complexité de la relation entre ces deux enfants est magnifiquement rendue dans le livre : Hassan est un Hazara, un intouchable, alors qu’Amir fait partie de la caste Pashtun, caste privilégiée; Amir est dévoré par la jalousie dès que son père a un geste tendre envers Hassan… Et il teste son pouvoir sur son père en accusant Hassan de vol et en demandant son renvoi… ce à quoi son père cède. Les deux enfants poursuivront alors leur chemin, chacun de son côté… Amir quitte l’Afghanistan, avec son père, à l’arrivée des talibans, alors qu’Hassan reste. Jusqu’au jour où Amir est appelé à rentrer en Afghanistan, s’ensuit alors un véritable chemin de croix où il doit faire la paix avec son passé, pour pouvoir s’estimer à nouveau et devenir un homme meilleur.

Ce qui m’a également épaté dans ce livre, c’est l’image de l’Afghanistan (que je ne connaissais absolument pas)… Pays prometteur, heureux, certes pauvre, mais chaleureux, où les gens sont heureux… avant l’arrivée des Talibans… Ces sauveurs des Russes qui dévoilent leur vrai visage, et imposent la charia. Ils dictent les règles, et quiconque s’oppose est abattu… L’antagonisme entre l’Afghanistan libre de l’enfance d’Amir, et celui de son retour 20 ans plus tard est frappant. Que sait-on de la guerre, nous Français, qui vivons bien à l’abri de ses tourments ? Certes, on voit les images lors des journaux télévisés… mais dans ce livre, on mesure toute la cruauté de ces hommes, qui agissent au nom d’une religion poussée à son extrème. Grâce à ce livre, j’ai compris ce qu’était le talibanisme, notion floue auparavant. Chose que les images de JT n’avaient pas réussi.

Une dernière chose du livre que j’ai beaucoup apprécié, c’est le personnage du père. Tellement complexe, et fascinant. De père « indigne » à homme exilé, je trouve son parcours captivant. Le livre met bien en lumière les difficultés de refaire sa vie, à cinquante ans, dans un nouveau pays, dans une nouvelle langue, avec des codes sociaux que l’on ne connait pas, où tout ce que l’on a construit est resté derrière, et l’on a plus rien à montrer pour soi. Le père est vraiment touchant dans son obstination à gagner sa vie, à refuser les aides de l’état, pour se reconstruire une réputation.

Et si cela nous arrivait ? A la lecture de ce livre, on se sent bien petit, et humble.

Un gros coup de coeur !

Quelques liens intéressants :
Talibans : le règne de la terreur
Les talibans au Pakistan

 « Les Cerfs-Volants de Kaboul » de Khaled Hosseini, Livre de Poche, parution mars 2007


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